Les problématiques liées au sommeil (difficultés d’endormissement, réveils nocturnes)

problématiques liées au sommeil

Souvent, nous sommes face à vos questions concernant le sommeil de votre enfant. Entre votre enfant qui a du mal à s’endormir, qui a besoin de vos bras, etc.… ou votre bébé qui se réveille plusieurs fois dans la nuit… d’où cela peut venir ? Pourquoi votre enfant ne dort il pas « bien » ? Est-ce qu’il fait des cauchemars ?

Il nous est parfois difficile de répondre à vos questions car nous ne pouvons observer votre enfant la nuit, et nous n’avons pas tout le contexte qui va avec. Néanmoins, nos connaissances et nos expériences nous permettent d’émettre quelques hypothèses. Nous allons tenter de lister les différentes raisons possibles de difficultés d’endormissement et de réveils nocturnes. A vous de voir ensuite, selon les hypothèses formulées, laquelle peut correspondre à votre enfant. Puis, nous allons tenter de répondre à des questions récurrentes sur la réaction à avoir lorsque cela se produit… Comment réagir ? Faut-il le laisser pleurer ? Faut-il le prendre dans son lit ?

Les difficultés d’endormissement

S’endormir pour le tout petit n’est pas facile, cela représente pour lui une séparation qui est source d’angoisse. Pour un bébé, se laisser aller au sommeil, c’est aller vers l’inconnu. Cela peut provoquer des pleurs et un besoin de présence. L’enfant ne peut s’endormir sereinement qu’une fois qu’il est suffisamment sécure dans son environnement et confiant vis-à-vis des personnes qui s’occupent de lui.

Votre bébé est serein, il s’endort sans problème. Puis vient un moment où il a du mal à s’endormir…. Pourquoi ?
• Il est douloureux ? (poussées dentaires, maux de ventre, etc.)
• Il est malade ou fiévreux ? (il tousse, a le nez pris, etc.)
Dans ces cas là, il a sûrement besoin de vous pour l’aider à s’endormir et le réconforter. Un enfant qui n’est pas bien a souvent besoin de manière transitoire d’être accompagné dans son sommeil.

Il peut également être dans un âge ou cela ne « l’intéresse pas » de dormir. Nous avons souvent observé à la micro-crèche certains enfants qui refusaient de dormir ou s’agitaient dans leur lit (se mettent debout, assis, etc.). Souvent, c’est parce qu’ils grandissent, ils découvrent leurs capacités nouvelles, notamment motrices. Et le lit est alors pour eux source d’exploration et d’expériences… ici, il n’y a pas grand-chose à faire, mise à part le laisser faire ses expériences un petit temps, et retourner lui expliquer l’importance de dormir. Une fois que la fatigue aura raison de lui, il finit par s’endormir et se laisser aller.

Pour les enfants (les bébés comme les plus grands), le moindre changement peut avoir des incidences sur le sommeil et notamment l’endormissement. Parfois, il s’agit de petits changements qui peuvent nous sembler « insignifiants » : un meuble dans sa chambre qui a été déplacé, un nouveau lit, etc. Il peut également arriver des changements qui perturbent la vie familiale : l’arrivée d’un petit frère ou petite sœur, un déménagement, un changement professionnel d’un parent avec des changements d’horaires, la maladie ou le décès d’un proche, une hospitalisation, etc. qui peuvent représenter de véritables bouleversements pour l’enfant et engendrer des angoisses liées au sommeil. L’enfant est une « éponge émotionnelle » et il ressent tout ce que vous ressentez. Si vous-même vous n’êtes pas très bien, cela se répercute sur l’enfant. Mettre des mots sur vos émotions, celles de votre enfant, et le rassurer peut l’aider à mieux comprendre ce qui se passe, et mieux apprivoiser les changements. Il existe de nombreux livres enfantins sur des thématiques variées qui peuvent être un support efficace pour expliquer à l’enfant certaines situations.

Les causes possibles de réveils nocturnes

L’enfant a faim : peut-être n’a-t-il pas mangé le soir, ou pas suffisamment ?

L’enfant est douloureux (poussées dentaires,…)

L’enfant est fiévreux / malade (gêne respiratoire, toux, etc…)

L’enfant a des « angoisses », des craintes liées au sommeil, qui peuvent être liées à une insécurisation de manière générale ou des changements dans la vie de l’enfant ou de sa famille

Les rêves et les cauchemars peuvent perturber son sommeil

Zoom sur les rêves et cauchemars

À partir de quel âge l’enfant rêve-t-il et fait-il des cauchemars ?

Tout petit, dès les premiers mois et que les perceptions des cinq sens s’organisent, les nourrissons ont des images mentales. Ce ne sont pas des rêves à proprement parler, qui racontent une histoire, mais des sensations, des images. C’est à partir de 18 mois – 2 ans que l’imaginaire se développe et les rêves aussi. Entre 3 et 6 ans, les cauchemars peuvent être fréquents car c’est le moment où l’imaginaire tient une grande place dans la vie de l’enfant et où il a du mal à différencier le réel de l’imaginaire, ce qui est « pour de vrai » et « pour de faux ».

Que représentent les rêves ?

Les rêves et les cauchemars sont l’expression des émotions de la journée, que ce soit pour l’adulte ou pour l’enfant. Le sommeil ne nous répare pas seulement physiquement mais aussi psychologiquement et émotionnellement. Sigmund Freud avançait même que les rêves protègent notre sommeil. Lorsque nous dormons, nos défenses se relâchent et les angoisses que nous refoulons facilement la journée resurgissent la nuit.

En ce qui concerne l’enfant, il multiplie ses découvertes du monde et ses expériences au cours de la journée. Ses expériences sont parfois positives, mais elles ont leur lot de « négatif » : les frustrations, les stress de la journée, etc. L’enfant est confronté au quotidien à des interdits, des règles (ce qu’on appelle « principe de réalité ») qui le freinent dans son « principe de toute puissance ». Toutes les inquiétudes qu’il a vécues dans la journée, mais aussi les frustrations, peurs, tristesses, ressurgissent la nuit afin d’être « métabolisées » par le psychisme. Il s’agit en quelque sorte d’une « digestion » émotionnelle. Le cauchemar témoigne de la lutte intérieure de l’enfant entre ses désirs et son sentiment d’impuissance, entre ce qu’il veut et ce qu’il peut.

Comment affronter ces cauchemars ?

Les cauchemars sont l’expression d’une peur ou d’un moment difficile qu’il traverse, un changement dans sa vie (changement de mode de garde, la naissance d’un petit frère ou d’une petite sœur, des tensions entre les parents, de la jalousie, etc.). L’enfant peut alors faire des cauchemars dans lesquels il élimine le petit frère ou la petite sœur qui le gêne par exemple. Ils sont inévitables et même nécessaires, car ils permettent à l’enfant de se « réparer » émotionnellement, de régler des conflits, etc.

Notre rôle en tant qu’adultes est de l’accompagner, afin qu’il puisse raconter ses rêves qui lui font peur et l’aider à différencier la réalité de l’imaginaire. Il ne s’agit pas de le couper de tout monde imaginaire (arrêter de parler des sorcières, des monstres, éviter les livres parlant des loups, etc.). Au contraire, c’est grâce aux cauchemars que l’enfant peut canaliser ses émotions et ses pulsions. Ils lui permettent d’évacuer des stress de la journée ou d’appréhender de nouveaux apprentissages difficiles (le langage, la propreté, l’école…). Les cauchemars sont aussi le signe que l’enfant commence à prendre conscience de la notion de danger. Un « grand » qui a fait un cauchemar, peut être capable d’en parler ou du moins de parler de ses ressentis. Il est nécessaire de pouvoir en discuter avec lui, de mettre des mots sur ce qu’il a pu voir. Et surtout il est nécessaire de le rassurer sur la différence entre la vraie vie et ses peurs. Pour l’aider à appréhender ses peurs des monstres par exemple, il est possible d’en « jouer » : imaginer des scénarios où c’est lui le monstre, c’est lui qui devient acteur de ce qui se passe et du dénouement de l’histoire. Dans tous les cas, il ne faut pas minimiser les peurs de l’enfant, car elles sont réelles pour lui et il est nécessaire de les entendre. Lorsqu’un enfant se réveille la nuit à cause d’un cauchemar, aller le rassurer suffit généralement pour qu’il se rendorme. Le lendemain matin, vous pouvez en reparler avec lui afin de le sécuriser sur ce qui lui a fait peur.

Comment réagir face aux difficultés d’endormissements et aux réveils nocturnes ?

Plusieurs questions reviennent, faut-il le laisser pleurer ? Est-ce « mal » de le prendre avec soi dans son lit ? Comment faire en sorte qu’il dorme mieux ? Face à ces questions, les avis divergent, entre les pédiatres, les forums sur internet, les avis des professionnels de la petite enfance, les relations, etc… Nous n’avons pas de « recette miracle » mais nous pouvons vous donner quelques pistes, qui vous permettront de vous faire votre propre avis.

Faut-il laisser pleurer un enfant la nuit ?

L’enfant qui se réveille plusieurs fois dans la nuit en pleurs peut devenir une situation problématique pour les familles si cela est récurrent. Cela génère en effet fatigue, exaspération, etc. La patience n’est donc plus au rendez-vous ou des « solutions de facilité » sont alors trouvées (donner un biberon, prendre l’enfant dans son lit, dormir à coté dans la même pièce…). De nombreux parents nous disent donner un biberon à leur enfant la nuit, pensant qu’il a faim. Cela peut être le cas pour des tout petits bébés, mais pas pour les plus grands. La nuit, l’enfant ne devrait pas manger. S’il se réveille en réclamant un biberon, c’est peut-être qu’il y a été habitué, mais cela ne signifie pas forcément qu’il a faim. Il se cache souvent derrière ces pleurs nocturnes un autre besoin qu’il s’agit d’identifier afin de pouvoir y répondre de manière adaptée.

Beaucoup de parents ne savent pas vraiment comment gérer et faire pour que l’enfant arrête de pleurer la nuit. Ils essayent des choses, des « astuces », prennent des conseils où ils peuvent mais sont parfois démunis. Ce qu’il est important de ne pas oublier, c’est qu’un enfant qui pleure émet une demande ou un besoin. Il s’agit alors de ne pas ignorer cet appel au risque de créer des traumatismes. Laisser pleurer un enfant seul sans aller le voir, sans le rassurer, sans « écouter » sa demande ou son besoin risque d’enfermer l’enfant dans ses angoisses et d’en créer d’autres (angoisses de l’abandon). L’ennui, en laissant pleurer son enfant c’est que cela se reproduise toutes les nuits et s’amplifie.

L’important, c’est de le rassurer

C’est par un accompagnement progressif qu’il peut être possible d’en venir à la fin des réveils et des pleurs nocturnes. Cela commence par la parole, en tentant de rassurer l’enfant avant le coucher. Il est nécessaire de verbaliser, expliquer à l’enfant, même s’il nous semble trop « petit » pour comprendre. Le bébé peut avoir besoin que l’adulte reste avec lui au départ. Cela peut permettre à l’enfant d’acquérir une certaine sécurité et ne pas être seul face à ses angoisses.

Progressivement, l’adulte reste moins avec lui et le laisse se rendormir tout seul… Puis y retourne plusieurs fois pour le rassurer et l’informer de sa présence dans la pièce d’à côté. Il est nécessaire d’accompagner de mots mais de ne pas laisser pleurer des heures seul, sans aller le voir. À force de répétition, l’enfant appréhende l’absence / présence. Il comprend que son parent est à coté mais ne peut rester avec lui.

Une fois complètement serein et rassuré sur le fait que le parent vient s’il y a besoin, l’enfant peut être capable de se rendormir seul. C’est un accompagnement qui peut demander du temps, beaucoup de patience, mais qui porte ses fruits !

Faut-il le prendre dans son lit lorsqu’il pleure ?

De manière ponctuelle, lorsque leur enfant est malade, il arrive que les parents le prennent dans leur lit. S’il s’agit d’une fois de temps en temps, cela n’a pas d’impact. Mais si cela s’instaure et que dormir avec vous devient un « besoin » pour votre enfant, cela peut poser problème et n’est pas l’idéal pour votre vie de couple ! Alors de manière exceptionnelle, l’enfant peut dormir avec ses parents, mais il est nécessaire que cela reste ponctuel. Vous l’aurez bien compris, que votre enfant dorme dans votre lit avec vous n’est pas la solution !

Les rituels d’endormissement

Ceux-ci peuvent revêtir plusieurs formes. Les rituels, ce sont ces petites choses qui sont effectuées à chaque fois, de la même manière. Ils sont un repère pour l’enfant et contribuent à le rassurer. Le rituel est pensé par les parents lorsqu’il est tout bébé, et peut évoluer. Ou il peut être choisi par l’enfant lorsqu’il est plus grand et que ce besoin de ritualiser le coucher s’est fait sentir à un moment donné.

On peut citer comme exemples de rituels, que vous nous avez transmis en tant que parents, ou que nous avons testé à la crèche pour les siestes :
Une chanson ou des histoires avant de dormir
Une petite musique qui aide à l’endormissement
Un câlin, un bisou de chaque parent et « au dodo »
Le brossage de dents, le pipi et au lit
Une veilleuse que l’enfant allume et qui reste pour la nuit
Lors de peurs ou cauchemars : une peluche peut faire « la police » et surveiller la porte
L’enfant plus grand peut aller au lit avec un livre, il peut le lire et s’endormir avec (rituel testé et approuvé à la crèche pour la sieste de certains enfants !)

Tout rituel est bon à prendre, à partir du moment où il est accepté par l’enfant et que cela fonctionne. Attention néanmoins à ne pas oublier le rituel ou ne le faire que ponctuellement… il n’aura plus sa valeur de repère rassurant ! Chaque soir, tout doit être fait dans le bon ordre en fonction du rituel instauré.

Le sommeil reste une grande préoccupation des familles. Un enfant qui ne dort pas bien la nuit a un impact sur sa journée, et peut avoir des répercussions sur sa santé si cela dure trop longtemps. Un sommeil de qualité est donc important pour votre enfant (et pour vous !). N’hésitez donc pas à échanger avec les professionnelles de la micro-crèche si vous rencontrez des difficultés avec votre enfant la nuit. Nous sommes là pour vous accompagner comme nous le pouvons (en communiquant avec votre enfant au cours de la journée, en tentant de comprendre ses cauchemars, etc.) et surtout pour vous soutenir dans vos démarches et vous écouter !

L’équipe de la micro-crèche « les LUCIOLES »

Sources :
http://www.accueilpsy.fr/reve_cauchemar_enfant.html
http://www.lexpress.fr/styles/enfant/cauchemars-des-enfants-comprendre-et-gerer-les-mauvais-reves_1563300.html
http://www.infobebes.com/Enfant/Psycho-Education/Mieux-comprendre-mon-enfant/Au-quotidien/Les-reves-des-enfants-expliques-aux-parents
http://www.magicmaman.com/,conseil-pediatre-terreurs-nocturnes-cauchemars-peur-du-noir-les-identifier-y-remedier,372,1763587.asp

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